Sommaire :
Le calendrier civil, p1
Les fêtes religieuses , p1
Les Moussems et les festivals , p1
Des références pour approfondir la question, p1
Les fêtes au Maroc possèdent différentes origines et reflètent la pluralité ethnique et culturelle qui caractérise une population issue de siècles d’invasions successives.
Les fêtes traditionnelles de la population locale berbère côtoient ainsi les fêtes liées à la religion et au calendrier musulmans, les fêtes liées au culte des saints et les fêtes nationales suivant le calendrier laïc.
Le calendrier civil
Le calendrier civil, suivant le calendrier grégorien, célèbre des dates qui font référence essentiellement à l’indépendance politique, à la dynastie et à la revendication du Maroc sur le Sahara occidental, un des volets prioritaires de la politique du Makhzen :
1er janvier : Jour de l’An
11 janvier : manifeste de l’indépendance du Maroc (signé en 1944)
1er mai : fête du travail
30 juillet : fête du trône, pour l’intronisation de Mohamed VI. Cette fête inaugurée en 1934 par des nationalistes marocains, est la plus importante fête civile au Maroc. À l’époque d’Hassan II, cette cérémonie traditionnelle avait lieu le 4 mars.
20 août : anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple. Cette journée commémore la déportation du sultan Mohammed V , après sa destitution par les autorités françaises en 1953.
21 août : fête de la jeunesse et anniversaire de Mohamed VI
6 novembre : anniversaire de la Marche Verte au Sahara occidental
18 novembre : fête de l’indépendance de 1956 (fin d’exil de MohamedV)
Les fêtes religieuses
Parallèlement au calendrier laïc, le Maroc vit également au rythme du calendrier musulman, qui commence le 16 juillet 622 et suit le cycle lunaire. Chaque mois lunaire débute avec l’apparition du croissant de lune, c’est pourquoi les dates des fêtes ne se situent pas toujours aux mêmes jours de l’année, comme dans le calendrier grégorien.
Les fêtes religieuses nationales sont reliées à l’islam , religion d’Etat et credo du 98,5 % de la population marocaine. L’islam, de rite malékite au Maroc, légitime le monarque, qui porte le titre de "commandeur des croyants", règle le statut personnel et, en général, est très présent dans la routine de la vie quotidienne. La religion officielle n’épuise toutefois pas l’univers de références, qui s’alimente toujours plus de valeurs et d’images tant occidentales que du Moyen Orient, diffusées par les paraboles présentes dans la plupart des foyers marocains.
Les Moussems et les festivals
Parallèlement à l’islam officiel, coexiste dans la population marocaine un islam populaire lié au soufisme et au culte des saints. L’islam orthodoxe a, en effet, su intégrer les traditions populaires qui font partie de la vie quotidienne des Berbères depuis des siècles, telle que la vénération des saints, les marabouts , qui, dans la croyance populaire, possèdent une force rédemptrice et miraculeuse, la baraka (bénédiction). Ainsi, outre les cérémonies religieuses liées à l’islam institutionnel, chaque année on recense entre 600 et 700 fêtes régionales, surtout en milieu rural, où les coutumes et les traditions se mêlent à la religion.
Il s’agit des moussems. Si aujourd’hui les moussems sont des fêtes essentiellement associées au pèlerinage sur le tombeau d’un saint, à l’origine, le moussem se déroulait au carrefour de plusieurs routes caravanières. Pendant cette fête, les échanges commerciaux se mêlaient aux festivités célébrant la saison des récoltes locales. Parmi les moussems qui célèbrent les ressources locales, les plus renommés sont celui des dattes, celui des roses, celui des cerises, celui des amandiers, ...
Au cours des moussems, les pélerinages, les danses et la musique sont souvent accompagnés par la Fantasia , une manifestation équestre très appréciée au Maroc. Cette fête, à laquelle est consacré un moussem spécifique près de Meknès en septembre, est la représentation de la virtuosité des guerriers arabes et berbères au XIXème siècle, dans laquelle des cavaliers exécutent au galop un enchaînement de figures pour montrer leur virtuosité à cheval.
Certains moussems sont très célèbres et attirent, en plus des tribus locales, de très nombreux touristes marocains et de plus en plus d’étrangers. Au point que ces dernières années, certains d’entre eux ont été transformés en festivals internationaux, comme par exemple le moussem des fiançailles d’Imilchil ou le moussem des dattes d’Erfoud. Ils côtoient ainsi les nombreux festivals consacrés aux arts et aux traditions populaires qui se déroulent tout au long de l’année au Maroc et qui ont, depuis longtemps, une renommée et une ampleur internationales (parmi ces festivals et moussems le Festival des Musiques Sacrées du Monde de Fès, le Festival de Musique Gnaoua d’Essaouira, le Festival des Arts Populaires de Marrakech, le Festival des Musiques populaires d’Agadir)
Des références pour approfondir la question
PETITE BIBLIOGRAPHIE :
Rauzier, Marie-Pascale. Moussems et fêtes traditionnelles au Maroc. Paris, ACR, 1997
Ilham, Ibrahimi. L’art de la fête au Maroc. Paris, ACR, 2004
Hassan, Jouad. La Saison des fêtes dans une vallée du Haut-Atlas. Paris, Éd. du Seuil, 1978
Lortat-Jacob, Bernard. Musique et fêtes au Haut-Atlas. Paris, Mouton, 1980
Westermarck, Edward. Les cérémonies du mariage au Maroc. Clichy, Éd. du Jasmin, 2003
Gellner, Ernest. Les saints de l’Atlas. Saint-Denis, Bouchene, 2003
Lapassade, Georges. D’un marabout l’autre. Biarritz, Atlantica, 2000
Geertz, Clifford. Observer l’islam : changement religieux au Maroc et en Indonésie. Paris, La Découverte, 1992
Bourqia, R. ; El Ayadi, M. ; El Harras, M. ; Rachik, H. Les jeunes et les valeurs religieuses. Casablanca, Eddif Dakar, Codesria, 2001
POUR EN SAVOIR PLUS :
Les Festivals et les Moussems de 2006 sur le site de l’ambassade marocaine en France.
Quelques images du spectacle de la Fantasia sur le site de Gerald Buthaud, reporter et photographe
Une bibliographie sur l’islam au Maroc sur le site de Bibliomonde
"Les particularités de l’islam marocain ", article de Bernard Lugan, Maître de conférence à l’université de Lyon III, Directeur-éditeur de la revue L’Afrique réelle, Expert auprès du tribunal pénal international pour le Rwanda (ONU) sur Clio.fr